Avant-première d'INDIGNADOS (film de Tony Gatlif)

  • Titre

    Avant-première d'INDIGNADOS (film de Tony Gatlif)
  • Instance démocratique

    Commission Communication
  • Corps

    le 20 février 2012 au cinéma le "Saint-Germain"
     
     
    Déjà, c’était bien chouette - et bien décalé aussi - de se retrouver entre Indignés, au milieu de cette assemblée de "gens du cinéma" à Saint-Germain-des-Prés. J’avais vraiment l’impression de retrouver ma famille.
     
    Peu avant 20h30 sont arrivés Stéphane Hessel et Tony Gatlif (réalisateur de Indignados). Ils ont fait un coucou de stars, sous les applaudissement de la salle, puis se sont assis.
    A suivi un concert d’environ un quart-d’heure, duo voix-violon, par deux musiciennes que l’on voit d’ailleurs dans le film.
     

     
    Il me semble avoir lu au générique leurs noms : Fiona Mombet et Norig. Je crois que c’était de la musique tzigane, en tous les cas c’était très beau, la chanteuse envoyait grave !
     
    A 20h45, fin du concert. Pierre Haski, rédac-chef de Rue89, a présenté la soirée et fait un peu parler les invités. Gatlif a parlé du pourquoi de son film.
    Il a expliqué qu’il s'est lancé dans cette aventure suite à la lecture de “Indignez-vous" de Hessel, qu’il a commencé par filmer les Indignés en Espagne, en Grèce, en France, puis s’est interrogé sur le sens de sa démarche. Il a alors décidé de faire une fiction, avec pour personnage principal la jeune femme jouée par Betty. Le tournage s’est déroulé entre mai et juin 2011.
     
    Betty, également présente, a expliqué qu’elle n’est pas comédienne de métier mais assistante sociale et qu’elle s’est faite caster à une terrasse de Montreuil.
     

     
    Est aussi intervenu un autre personnage du film, Isabelle. Elle a un petit rôle mais a attiré notre attention puisque... nous la connaissions déjà ! C’est une indignée de Madrid qui a fait les marches jusqu’à Bruxelles et perso je me rappelle très bien d’elle. Jolie brune souriante aux cheveux courts, elle s’était enchaînée par les bras à d’autres Espagnols place de la Bourse, peu avant les gardes à vue des onze, en septembre dernier.

    Enfin, l’inénarrable Hessel, doux mélange entre le gâtisme et la patate d’enfer. Je l’ai trouvé décidément très sympathique.
    Haski m’a horripilée quand il a demandé à Hessel pourquoi le mouvement des Indignés ne prenait pas en France. Là, les Indignés de la Bastille, on a déconné : on aurait dû hurler et manifester notre présence, plusieurs d’entre nous en ont eu envie. Mais ça m’a coupé la chique tant de mauvaise foi. Les autres aussi on dirait. Camembert les Indignés.
    Hessel lui a répondu “Attendez! Les Français prennent leur temps mais vous allez voir”. On aurait préféré “Mais si le mouvement existe!" Mais bon, c’était déjà pas si mal comme réponse. Un signe d’espoir quoi !"
     
    Bref, la projection a commencé. Etrange ce film. Faut aller le voir pour se faire un avis. J’ai bien aimé, certains passages me faisaient penser à du Gus Van Sant : poétique, contemplatif. Avec des moments chiants aussi: ça frôle parfois le propos faussement artistique mais réellement prétentieux (c'est MA critique koi, je peux dire du mal ET du bien).
     
    Mais bon, en tous les cas, c’est pas un film sur le mouvement des Indignés. Ceux d'entre nous qui s’attendaient à ça ont été super déçus. Plutôt une rêverie sur l’errance d’une sans-papiers africaine dans une Europe troublée.
    Mais ça ne parle pas du mouvement, de l'expérience que l'on peut en faire si l'on reste sur place, plutôt que de passer en coup de vent et glaner quelques images. Rien sur le fonctionnement des AGs, sur le principe de l'intelligence collective, le consensus, l'horizontalité... Le réalisateur empile les jolies cartes postales et en fait un bel autoportrait, tant on retrouve dans "Indignados" les thèmes chers à Gatlif depuis le début de son oeuvre.
     
    Spéciale dédidace à la scène des oranges. C’est un moment de grâce qui, en fin de compte, donne sens à tout le film. Je n’en dirai pas davantage.
     
    Et puis le débat. Bah pas de débat. Quelle ne fut pas notre déception! Au lieu de cela, l’écran s’est levé pour laisser la place à un buffet. On s’est retrouvés comme des cons. Moi j’avais pas trop envie de picoler entourée de tous ces gens qui, pour la plupart, n'en avaient rien à faire des Indignés.
     
    Y'a quand même eu un moment marrant, où Michèle S. (radio) et Jérémy D. (Télélibre) ont commencé à interviewer Tony Gatlif. Avec d'autres Indignés, nous nous sommes réunis autour de Gatlif et nous avons réussi à créer le mini-débat dont nous avions été privés.

     
    Mais bon, je sentais poindre l'ennui entre certains engloutissant des petits-fours et d'autres parlant de stratégies commerciales. Alors suis allée retrouver les Aardystes, qui jouaient les goguettes à la sortie du cinéma : Mathias à la guitare, François au sax, Jean à l’accordéon. Ils avaient été convaincus de rentrer dans le cinoche foutre le boxon, grâce au sourire de l'Indignée comédienne Isabelle ("Non, on est des rebelles, on rentrera pas", avait dit le guitachriste. La Révolution, ça tient à un sourire...). 
    On a descendu les marches du ciné le Saint-Germain comme des stars de l’indignation... en musique!
     

     
    Beaucoup d'invités du milieu cinéma se sont barrés à ce moment-là. Avec ceux qui sont restés, ainsi que Isabelle, Betty, leurs amis, et les Indignés, on a mis le feu et ça a fait du bien toute cette indignation joyeuse.
     
    Réaction à la sortie du cinéma :
     

     
    Signé:  Zorro la rousse
  • Auteur

    yannis
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