ÉCHO D’ILE-DE-FRANCE N° 1246 — ÉDITION 27 AVRIL 2012

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    ÉCHO D’ILE-DE-FRANCE N° 1246 — ÉDITION 27 AVRIL 2012
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    Pélerinage des indignés en banlieue.

    http://www.echoidf.fr/actualite/Pelerinage-des-indignes-en-banlieue-251.html

    La marche des banlieues des indignés parcourt 200 km dans les quartiers populaires, depuis le 14 avril et jusqu’au 11 mai. Un pèlerinage suivi par une quinzaine d’indignés, entrecoupé de la manifestation préélectorale du 21 avril. Un autre rassemeblement célébrera le 1er anniversaire du mouvement à Paris le 12 mai.

    Echo - Société (Par Stéphanie Hofner)

    Le mouvement des indignés est en marche ! Une marche des banlieues a lieu du 14 avril au 11 mai 2012 dans une vingtaine de communes de la petite-couronne.

    Ils sont en ce moment même dans le Val-de-Marne (94). Environ 15 indignés parcourront 200 km, armés de pancartes où l’on peut lire « Osez le changement » ou « Ne laisse personne penser à ta place ». Les 15 pèlerins comptent faire le tour des quartiers victimes de précarité en y organisant des assemblées populaires sur des thèmes variés tels que l’éducation, la fracture sociale, le logement, le chômage, ou encore les sans-papiers.

    Cette marche est née du constat que beaucoup d’indignés vivent en banlieue parisienne et que la démocratie réelle doit d’abord s’exercer au niveau local, en bas de chez soi. « C’est en banlieue que le manque de démocratie se fait le plus sentir », explique Jean-Baptiste, 50 ans, un des organisateurs de la marche. « Discrimination, problème de transports, contrôles arbitraires des policiers, cette marche tente de faire tomber les barrières qui enferment la banlieue ». Ces marcheurs mangent ce qu’on leur donne, un vrai pèlerinage politique. Ils dorment là où on leur offre l’hospitalité, offerte le plus souvent par des associations. Mais aussi des mairies, comme les municipalités d’Aubervilliers et Gennevilliers, qui ont prêté des gymnases pour passer les nuits pluvieuses. Le maire d’Argenteuil est même venu les saluer. « Montreuil ne nous a pas fourni un lieu où dormir, en tant que Montreuillois, je suis déçu », souffle Jean-Baptiste.

    Se débarrasser de Sarkozy

    La population les a bien accueilli, selon l’organisateur. « Une majorité exprime un rejet de Sarkozy, une envie de s’en débarrasser. », précise-t-il. « Mais nous ne donnons pas de leçon sur ce que l’on doit voter ». 15 indignés c’est assez peu, en effet « peu de gens sont prêts à s’engager en bas de chez soi, c’est difficile ». Ils ne définissent pas leurs assemblées comme idéologiques mais comme une recherche de solutions. Ce mouvement, qui est né en Espagne le 15 mai, comme réponse à l’appel du manifeste de Stéphane Hessel, diplomate et militant politique, Indignez-vous!, entend faire naître une réelle démocratie, « en sortant de la démocratie représentative », ajoute Mathias Cobblepot du collectif artistique des indignés.

    La marche a fait une halte le 21 avril par Paris, à la veille du premier tour des élections présidentielles.

    « 700 policiers encadraient 200 troubadours, le gouvernement déploie son armée comme dans un état totalitaire », s’indigne Mathias. « Ils empêchaient les manifestants pacifistes de circuler librement. Deux personnes sont tombées dans les pommes », ajoute-t-il. La marche des banlieues se clôturera le 12 mai par une autre manifestation parisienne qui célébrera les « 1 an » du mouvement. Pour tous les indignés, si le mouvement n’a pas pris comme à l’étranger, c’est essentiellement à cause de la répression policière qui effraie. L’éditeur des éditions L’esprit Frappeur, Michel Sitbon, ajoute que le processus électoral et son espoir de changement a également freiné le mouvement.

    La majorité des indignés votent à gauche

    Mathias s’est abstenu de voter et c’est pour lui une condition sine qua non de ce mouvement. Alors que Jean-Baptiste précise que l’on « ne sacralise pas le vote, ni son boycott ». Michel Sitbon, pro Eva Joly, confie que la majorité des indignés sont à gauche.

    Les indignés ont déposé une plainte collective contre, entre autres, les violences policières qui ont eu lieu lors du campement sur le parvis de la Défense en novembre 2011. Tous rappellent les conditions dans lesquelles les indignés ont siégé, sans droit à un duvet ou une tente, interdit par les forces de l’ordre (cf. l’édition du 18 novembre 2011). « Cette plainte fait parler d’elle dans les milieux juridiques à l’international », se réjouit Yannis Lehuédé.

    L’ouvrage des indignés

    L’ouvrage « On nous appelle les indignés ! » chronique Parisienne recueillie par Yannis Lehuédé aux éditions L’Esprit frappeur, est sorti en librairie le 17 avril dernier. Une Chronique en image de l’insurrection parisienne a également été publiée. « Éditer ces livres pendant les élections a été un hasard, l’objectif était

    surtout de la faire avant les « 1 an » du mouvement, soit le 15 mai 2012 », précise Ynanis Lehuédé, 33 ans, designer web, à la commission communication des indignés. Le livre est un recueil de témoignages sur l’histoire du mouvement des indignés. 400 pages de rédaction qui font vibrer de la plume d’indignés des évènements tels que La marche vers Bruxelles, Bastille, Occupons le Défense… dans l’ordre chronologique des faits. On y trouve également des tracts.

    Objectif : « Expliquer le fonctionnement du mouvement, rendre compte de l’histoire », décrit l’éditeur, Michel Sitbon, connu pour son engagement et qui a fait parler de lui récemment pour avoir comparé le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, avec Maurice Papon, au sujet du traitement des Roms.

    Yannis Lehuédé avec Jean-Jacques Zimermann se sont chargés de rassembler, collecter, réécrire les témoignages… Disponible dans toutes les grandes librairies, notamment à la Fnac, l’ouvrage a été édité à 1000 exemplaires. L’idée leur a été soufflée par l’éditeur qui a ouvert la porte de sa librairie Lady Long Solo à Paris aux indignés. Elle est un lieu de travail, de rassemblement ou juste de passage. Mathias Cobblepot, 38 ans, musicien et membre du collectif artistique du mouvement témoigne dans le livre : « Je n’étais pas convaincu par ce livre au début, de peur que le mouvement soit considéré comme passéiste alors qu’il est naissant en France ».

    En projet : un livre sur le mouvement dans le monde entier.

    ÉCHO D’ILE-DE-FRANCE N° 1246 — ÉDITION 27 AVRIL 2012

     

  • Auteur

    marieange
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