CR de la rencontre nationale des indignés 14 et 15 juillet à Marseille

  • Titre

    CR de la rencontre nationale des indignés 14 et 15 juillet à Marseille
  • Instance démocratique

    Commission Réseau
  • Corps

    http://marseille.indigne-e-s.net/2012/07/compte-rendu-de-la-recontre-nationale-des-14-et-15-juillet/

    14 JUILLET

    ASSEMBLÉE D’OUVERTURE (APRÈS-MIDI)

    Facilitateur : Am… (Marseille)
    Prise de notes : So… (Paris) et Ma… (Brest)

    Informations sur les mouvements dans les villes :

    À Poitiers le mouvement ne se nomme pas indignés mais « démocratie réelle maintenant », et son positionnement est clairement anticapitaliste. L’assemblée a mené diverses actions dont certaines ont conduit à la création d’un DAL. Se… de Poitiers signale qu’il a participé aux marches espagnoles en 2011.
    À Marseille, il y a deux assemblées, une sur le Cours Julien pour toute la ville, et une assemblée du quartier Belle de Mai. À la Belle de Mai, ils ont organisé une fête de quartier qui a été une réussite. Au… de Marseille se présente comme faisant partie du mouvement de lutte contre le chômage, K… a milité chez les motivés, JJo… est un ancien travailleur du BTP maintenant au chômage et qui a aussi été SDF, O… fait partie d’un collectif de solidarité avec les Roms, Am… est chef d’entreprise et conçoit des sites Internet…
    À Nîmes, le mouvement a commencé le 26 mai, il y a eu des assemblées journalières jusqu’au 21/10, puis 3 hebdomadaires, et tous les mercredis depuis juillet. Essoufflement actuellement.
    À Paris, des AG continuent d’avoir lieu tous les dimanches bien qu’elles rassemblent en ce moment peu de personnes (15-20 personnes), c’est un peu la « pause estivale ». Le 12 mai, à la journée mondiale d’action, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées. Il y a aussi eu la manifestation du 21 avril. Il y a actuellement des groupes de travail actifs sur : – la dette ; – la constituante; – et le travail/la précarité. En projet à la rentrée : journée mondiale d’action le 13 octobre, et manifestation le 1er décembre contre la précarité et pour les droits des travailleurs, en lien avec des organisations de chômeurs et divers collectifs. L’assemblée de Paris a voté le 11 novembre cette conception de la démocratie : « Dans une vraie démocratie, tous les mandats sont impératifs et révocables, il n’y a donc pas de représentant ». L’AG des Indignés de Paris propose à la coordination que cette idée soit soumise au consensus des différentes assemblées. De Paris, F… se présente comme militante des quartiers populaires, JJa… comme éditeur et militant par le théâtre de l’opprimé et pour l’espéranto.
    À Clermont-Ferrand, les Indignés s’installent dans la durée, ils vont créer une AMAP, un jeu éducatif autour de la dette, ils sont à la recherche d’un local, et organisent des ateliers “langues de bois”. Il y a eu récemment un rassemblement d’une vingtaine de personnes, constituant le noyau dur du mouvement à Clermont-Ferrand, et qui sont très motivées. Afin de mener leurs actions à bout, ils ont pris l’habitude de dialoguer avec les pouvoirs publics et les forces de l’ordre. R… de Clermont Ferrand participe aussi aux Anonymous.

    Les indignations exprimées :

    - les violences du système
    - les foutages de gueule des présidentielles
    - la fausse démocratie
    - le dévoiement du langage
    - les politiciens ne font rien contre le chômage qui monte
    - les fermetures d’usine
    - la précarité généralisée
    - les mensonges des Médias de masse
    - les dénis de justice (ex. accident de travail handicapant, entraînant, malgré la faute de l’employeur, et malgré de nombreuse preuves, un classement sans suite et donc absence de toute indemnisation)

    Réflexions sur le mouvement en France, enjeux et perspective :

    - pour Ad…, si la France se réveille, elle peut entraîner beaucoup de choses en Europe ; si le mouvement ne marche pas c’est que la prise de conscience reste encore insuffisante
    - pour Si…, il faut rendre le mouvement combatif et joyeux pour le relancer
    - pour So…, le mouvement s’est développé dans des conditions très peu propices en France : juste un an après l’échec du mouvement des retraites (qui a découragé le mouvement social), juste un an avant les présidentielles (qui ont aspiré les énergies et focalisé l’attention). On a en quelque sorte été pris entre le marteau et l’enclume. Par contre, la pseudo- gauche étant désormais au pouvoir, elle va mettre en œuvre des plans d’austérité et décrédibiliser l’idée d’alternative institutionnelle, c’est maintenant que le mouvement des Indignés va pouvoir prendre tout son sens en portant une alternative non institutionnelle. Le mouvement va reprendre à la rentrée, d’une façon ou d’une autre et c’est très important de continuer.
    - pour R…, peu importe les distinctions entre indignés / démocratie réelle maintenant / Anonymous : l’important c’est le message.
    - pour X…, il faut converger avec les autres réseaux et mouvements.
    - pour Ar…, l’intérêt du mouvement c’est de se rassembler sur les thèmes de la lutte contre les plans d’austérité, les problèmes des quartiers populaires, et de se réapproprier la place publique. Les difficultés du mouvement ne tiennent pas qu’à nous, mais aussi à la force du système auquel on s’oppose – par ex., le clientélisme politique à Marseille.
    - J… est venu au début dans le mouvement dans un objectif d’éducation populaire qui selon lui est plus importante que la lutte avec le sentiment de se faire avoir par le système. Selon lui il faut faire converger les luttes, sur des dates clefs.
    - pour Au…, il faut aider les salariés qui luttent contre les fermetures d’usine.
    - pour Al… et JJa…, le problème c’est la règle du jeu, c’est-à-dire la Constitution.
    - pour JJa…, il ne faut surtout pas occulter le caractère illégitime et hyper-répressif du libéralisme (voir les alliances avec de nombreuses mafias à la tête des États, en Russie, ou en Colombie…). En réponse, il faut aux citoyens du monde délégitimer par des actions de masse chacun de ces États, et, en même temps, organiser la mise en place d’une alternative en changeant les paradigmes (travail, démocratie, répartition des ressources…).
    - selon Mat…, il y a une évolution du mouvement vers la convergence des luttes.
    - pour JJo…, le mouvement des Indignés attire beaucoup de gens de la rue, ce qui peut poser un problème d’image renvoyée vers l’extérieur. L’éclatement du mouvement avec les assemblées locales pose aussi un problème de visibilité, d’où la difficulté des gens à s’y retrouver.

    Propositions de groupes de travail :
    - prison/répression.
    - formes de violence et non violence
    - il faut réveiller les consciences sur les violences du système
    - pourquoi le mouvement s’essouffle et comment le relancer.
    - soutien à la mobilisation du 20 juillet au Pérou.
    - fermetures d’usine, chômage, travail, précarité
    - la Constitution
    - l’économie, la finance, le revenu de vie
    - promouvoir le projet d’une commissions de citoyens sélectionnés sur la base du volontariat, composée de moitié par des victimes de la justice et assisté par 1 à 2 juristes indépendants que l’on pourrait mandater pour les conflits avec les travailleurs de la justices (magistrat, juge d’instruction, notaire, avocat, etc…). Cette commission pourrait vérifier que la justice est bien appliquée lors d’une plainte à l’encontre de ces professionnel de la justice, en ce basant comme exemple sur les nombreux dénis de justice et injustice que nous avons a disposition pour faire fois et dénoncer que le bureau d aide juridictionnel a aussi un fonctionnement douteux ainsi que la cour de cassation ….
    - définir un « totem », ce qui nous unit, par exemple à travers une charte.

    Minutes intégrales en annexe du CR.

    GROUPES DE TRAVAIL ET ASSEMBLÉE DE RESTITUTION (SOIRÉE)

    Après discussion sur les différents thèmes proposés, les groupes de travail qui se sont réunis le 14 juillet sont :

    - Totem : ce qui nous rassemble
    - Comment relancer le mouvement
    - Travail, chômage et précarité

    1. Groupe de travail « Travail et précarité »

    En préambule, des échanges ont eu lieu sur la notion de travail. Il semble essentiel de dépasser les cadres de pensées aujourd’hui dominants, fondés notamment sur les rapports hiérarchiques, la professionnalisation, la segmentation des tâches et l’hyper-spécialisation faisant que les autres se sentent incapables. Beaucoup se joue dans les têtes : on fait confiance à la hiérarchie, on y croit et c’est le problème… Il est important aussi de questionner et redéfinir le travail, la notion d’utilité, le fait de lier la travail à la subsistance… Certains pensent que le fait de contribuer à la société relève d’un besoin fondamental humain et ne devrait pas être lié à une contrainte. La réflexion sur le revenu de vie/salaire social pourrait être développée.

    De là, plusieurs pistes de réflexions et d’actions ont été dégagées :

    Dénoncer les injustices dans le monde du travail relier le fonctionnement du système (profits des actionnaires, corruption…) aux conséquences concrètes sur les gens qu’il est important de faire ressortir : précarité, suicides au travail, chômage… Le chômage est une double peine : on est privé du minimum vital, et déconsidéré, culpabilisé.

    1) Promouvoir des alternatives concrètes et les construire dès maintenant: coopératives, AMAP, SEL, réseaux solidaires. Les activités non rémunérées (travail non marchand) sont précieuses. Attention, des fois des coopératives ne sont pas réellement démocratiques, par ex. dans les coopératives vinicoles, c’est une minorité qui décide. La démocratie suppose aussi un apprentissage, se construit progressivement. Exemple de législation où les capitaux initialement privés des entreprises sont progressivement socialisés : ils ne donnent plus lieu à rendement, les entreprises finissent ainsi par devenir la propriété des salariés.

    2) Articuler notre approche « alternative » avec la résistance dans les entreprises, administrations…, être solidaires des luttes et donner du sens à cette résistance : il ne doit pas s’agir en résistant de maintenir l’existant (charbon, nucléaire, salariat, hiérarchie…) mais de défendre la dignité de ceux qui luttent et la possibilité de mettre en œuvre des alternatives où chacun est respecté (accompagner la transition, reconvertir les industries…). La lutte peut aussi permettre de briser/dépasser les hiérarchies et de reconstituer du collectif contre la mise en concurrence des travailleurs en proposant un mode d’organisation horizontal. La lutte peut être le terreau de l’alternative.

    3) Internationalisation : contre la mise en concurrence des travailleurs qui passe par la mise en concurrence mondiale, il faut faire le lien avec les luttes dans les autres pays et la dimension internationale du mouvement des indignés est un vrai atout. Valoriser les luttes qui réussissent, et transmettre l’expérience acquise y compris par les erreurs, peut aussi permettre de redonner du courage et nous renforcer.

    Information sur les projets en cours :

    - À Paris, une coordination de travailleurs et précaires mise en place à l’initiative d’Indignés, et regroupant des licenciés en lutte, chômeurs, gens au RSA, militants d’associations, collectifs, syndicalistes et non syndiqués. Il s’agit de connecter les réseaux, pour solidariser les luttes et construire des mobilisations unitaires. Projet de manifestation le 1er décembre faisant converger les mobilisations de chômeurs-précaires, agents du service public, et licenciés en lutte (+ peut-être sans-papiers). Il s’agit aussi de partir des ce que vivent concrètement les gens, au boulot ou dans leur statut de précaire, pour arriver à un questionnement plus global du système (dette, démocratie etc.) en faisant le lien entre les différentes luttes. Une liste de coordination nationale va être mise en place, car l’objectif est que la manifestation ait lieu aussi dans d’autres villes en France.

    - Projet d’un Indigné de Marseille de mettre en place une association de solidarité avec les SDF, du même type qu’Emmaus.

    Débat en assemblée de restitution et questions soulevées:

    - le partage du temps de travail comme solution au chômage ?
    - ne pas militer pour le plein-emploi, dépasser les cadres de pensée habituels
    travail choisi/subi : qui va tout nettoyer ?
    - dévalorisation du travail : attention aux mots, il n’y a pas de « tâches ingrates », tout travail est honorable
    - Peut-on, et si oui comment, acter le service rendu à la collectivité autrement que par la monnaie ? Exemple des doctorants travaillant longtemps et durement à des salaires peu élevés, pour bien autre chose que l’argent. C’est un mensonge du système de nous faire croire que la principale motivation quand on travaille est l’argent

    2. Groupe de travail « comment relancer le mouvement »

    Pistes de travail :

    - Éducation populaire, éveiller les consciences
    - Réaliser un site sur la corruption politique, avec la somme de tout les détournements d argent public connu sur les 50 dernières années , les chiffres du montant de tous ces détournements connus devraient parler d’eux-mêmes à l’esprit de ceux qui sont pour l”instant non indignés.
    - Réaliser une affiche nationale, en laissant un espace vierge pour l’information sur l’assemblée locale, et avec l’adresse du site national ainsi qu’avec une idée qui nous rassemble et nous définit (totem)
    - Mettre en place une association de soutien aux indignés (pas de consensus, cf. assemblée de clôture)
    - Mettre en place un journal des Indignés avec l’information sur nos assemblées ; pour relancer le mouvement, le site et l’affiche devraient être “national” c’est-à-dire pareil pour toute la France, avec un espace pour les infos locales. C’est important qu’on resserre les liens entre tou/te/s les Indigné/e/s.
    - Être en lien avec les autres réseaux militants, associations, syndicats (convergence des luttes)… Ex. à Marseille Sud a invité les Indignés ; à Clermont-Ferrand, X… est DS CGT.
    - Montrer qu’on est là dans la durée, être présents de façon régulière, prévisible, disponible. Ex. l’occupation de la Défense a montré la ténacité des Indignés, ce qui leur a permis de gagner le respect de militants

    3. Groupe de travail « Totem : ce qui nous rassemble »

    Propositions et pistes de réflexion :

    - monnaie locale
    - nous sommes les 99% pour les 1%, 1% = taux d’intérêt à promouvoir ?
    tirage au sort des représentant, horizontalité des assemblées…
    - Promouvoir l’union des peuples
    - Retour aux fondamentaux
    - Nos seules ennemies sont les règles actuelles
    - Pas de frontières dans nos têtes, c’est la liberté de penser
    - Notre pire ennemie : l’ignorance
    - Revendiquer la démocratie directe
    - Quand on accepte la violation des droits d’autrui on accepte la violation de ses propres droits
    - la construction d’une Constitution est un processus dans lequel l’ensemble de la société se met d’accord sur un projet de société
    - Le groupe est conscient que l’histoire des mots, le sens des mots, le poids des idéologies sont des critères à prendre au sérieux pour un Totem

    Ces propositions doivent être discutées dans les assemblées et sont avant tout une invitation à engager un processus collectif.

    15 JUILLET

    GROUPE DE TRAVAIL « MÉTHODOLOGIE DE LA COORDINATION » (MATIN)

    Constat : suite à l’assemblée d’ouverture, il n’a pas été possible de dégager un consensus sur l’organisation de la suite, plusieurs options ayant été proposées :

    - se diviser en groupes de travail puis mettre en commun en assemblées,
    - traiter tous les sujets les uns à la suite des autre en plénière
    - traiter certains sujets en plénières puis d’autres en groupes de travail (mais lesquels ?)

    Une heure de discussion a été perdue jusqu’à ce qu’un vote soit fait et indique une majorité en faveur des groupes de travail, et le désaccord a généré des tensions, la remise en cause de la facilitation… Comment améliorer notre méthodologie afin d’éviter ce problème lors des futures coordinations ?

    D’autres problèmes se sont par ailleurs posés : problèmes de circulation de l’information, rendez-vous manqués, début retardé etc.

    Propositions et pistes de travail pour améliorer la méthodologie :

    AVANT LA RÉUNION DE COORDINATION :
    - préparer l’ordre du jour en amont en mettant un pad à la disposition des assemblées et individus voulant mettre un ou des points à l’ordre du jour
    - chacun peut proposer des groupes de travail et/ou des plénières (distinguer les deux)
    - veiller à une bonne diffusion de l’information (mails, réseaux sociaux…), prendre les numéros de téléphones pour envoyer les infos essentielles par texto

    PENDANT LA COORDINATION
    - maintenir une ouverture pour que cet ordre du jour puisse être amendé le jour même de la coordination: l’assemblée d’ouverture permet à chacun de se présenter et de mettre des points à l’ordre du jour ;
    - un ou des facilitateurs doivent être désignés même si l’on est peu nombreux (le 14 juillet aucun facilitateur n’avait été désigné mais cela a « obligé » quelqu’un à jouer de fait le rôle de facilitateur vu l’absence de consensus)
    - mieux surveiller le temps, limiter le temps de parole (ex. 5 min chacun)
    - si suite à l’assemblée d’ouverture, aucun consensus ne se dégage rapidement concernant l’ordre du jour, opter pour le vote avec les pieds : les gens choisissent chacun de se réunir en groupe de travail ou de rester en plénière pour discuter en commun de plusieurs sujets. Cela responsabilisera chacun sur la prise en compte de sa proposition, et personne ne pourra reprocher à d’autres d’avoir imposé une règle ne faisant pas consensus.

    ENTRE DEUX COORDINATIONS
    - constituer des groupes de travail thématiques (ex. économie, Constitution, travail-précarité, totem) regroupant des indignés de différentes assemblées afin d’assurer une continuité : c’est dans ces groupes de travail que se réaliserait l’essentiel de la coordination, et les réunions nationales seraient simplement l’occasion de se rencontrer physiquement, d’échanger plus facilement etc. Il serait assez clair que ces groupes de travail se réuniront aux coordinations quelque soit les autres propositions par ailleurs, ce qui serait un point de repère dans l’ordre du jour.
    - Prévoir des moments de coordinations virtuels : réunions par mumble etc.
    - Utiliser le site indigne-e-s.net comme espace de coordination durable

    ASSEMBLÉE DE CLÔTURE (APRÈS-MIDI)

    Les différents thèmes n’ayant pu être traités auparavant ont été discutés à l’assemblée de clôture et ont donné lieux à des points d’informations et prises de décisions par consensus.

    Point d’information :

    - mise en place de listes nationales pour les groupes de travail : économie, Constitution, et travail-précarité

    Consensus :

    1) Communiqué spécifique des indignés participant à la coordination en soutien à la mobilisation du 20 juillet en Amérique Latine, et appel à relayer l’information dans les réseaux (à réaliser rapidement).
     

    2) Réaliser une pétition en ligne en soutien à la mobilisation du 20 juillet en Amérique Latine [finalement cette pétition ne sera pas réalisée car il en existait déjà une]
     
    3) Communiqué « global » des indignés participant à la coordination
    * restituant les travaux et débats en coordination,
    * ouvrant des perspectives en communiquant sur les prochaines échéances du mouvement : 5-10 octobres (forum démocratie à Strasbourg), 13 octobre (mobilisation dette), [Attention, discussion encore en cours au niveau international sur le choix de la dette, 13 octobre ou 20 octobre], 1er décembre (manifestation travailleurs et précaires)
    * appelant à soutenir la mobilisation contre les prisons du 10 décembre
    * indiquant qu’une prochaine coordination se tiendra dans 6 mois à Montpellier
    * appelant à soutenir les luttes des ouvriers contre les fermetures d’usine (PSA, 3 Suisse, Fralib…) tout en introduisant une réflexion sur les alternatives à porter dans le monde du travail (question du salariat, du productivisme, etc.) 
     
    4) Choisir le site france.indigne-e-s.net pour la coordination du mouvement en France, et proposer à nos assemblées locales de soutenir cette proposition

    5) Mettre en ligne sur le site de la coordination de l’information sur la prise de pouvoir économique et politique du monde de la finance, dans le cadre du groupe de travail national sur l’économie, sans que cela signifie que cette information représente les positions des assemblées

    6) Restituer auprès des assemblées le travail sur le « totem : qu’est-ce qui nous rassemble » afin de déterminer ce qui fait consensus dans nos différentes assemblées, en vue de la prochaine coordination nationale. PAD : http://pad.indigne-e-s.net/p/totem

    La proposition de constituer une association nationale de financement des indignés n’a pas fait consensus. Il a plutôt été convenu de créer des associations locales de financement (il en existe une par exemple à Paris), afin que la gestion du financement soit locale et donc plus propice à un contrôle démocratique.

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    ANNEXE

    Minutes intégrales de l’assemblée d’ouverture:

    Am… (Marseille) : invite à se présenter chacun à tour de rôle, à faire part de ses réflexions, à proposer des points à l’ordre du jour et des groupes de travail

    F… (Paris) : militante des quartiers populaires, propose un groupe de travail sur prison/répression.

    Ad… (Marseille) : content du rassemblement, si la France se réveille peut entraîner beaucoup de chose en Europe, si le mouvement ne marche pas c’est que la prise de conscience reste encore insuffisante

    Mar… (Marseille) : a été au rassemblement des marches à Madrid en juillet 2011, c’est ainsi qu’elle a connu le mouvement. Puis elle a participé à différentes actions dans la région, à Nîmes, à Marseille. Elle propose une réflexion sur les formes de violence et la non violence. Il faut réveiller les consciences sur les violences du système.

    Marl… (Nîmes) : le mouvement a commencé le 26 mai à Nîmes, assemblées journalières jusqu’au 21/10, puis 3 hebdomadaires, et tous les mercredis depuis juillet. Témoigne d’un essoufflement du mouvement à Nîmes. Importance de la coordination nationale pour voir où nous en sommes. Propose un groupe de travail sur« pourquoi le mouvement s’essouffle ? et comment le relancer ? ».

    Si… (Marseille) : l’axe prioritaire pour relancer le mouvement devrait être de rendre le mouvement combatif et joyeux.

    Se… (Poitiers/Forcalquier) : à Poitiers le mouvement ne se nomme pas indignés mais « démocratie réelle maintenant », et son positionnement est clairement anticapitaliste. L’assemblée a mené diverses actions dont certaines ont conduit à la création d’un DAL. Seb a participé aux marches espagnoles en 2011.

    JJ… (Paris) : s’est engagé dans le mouvement en novembre. Il est éditeur et tourné vers la littérature du théâtre et des opprimés. Considère que dans les pays européens, on est indigné quand on touche au porte-monnaie. En Amérique Latine, on est indigné quand on touche à la nature. Il veut capter les indignations dans les différentes langues pour appréhender la révolution dans son ensemble. Chacun exprime son indignation dans sa langue natale. Une langue a toutefois une potentialité universelle, l’espéranto, qui s’apprend en quelques mois. Il travaille sur un projet d’ateliers populaires multilingues avec de l’espéranto en Grèce.

    So… (Paris) : à Paris, des AG continuent d’avoir lieu tous les dimanches bien qu’elles rassemblent en ce moment peu de personnes (15-20 personnes), c’est un peu la « pause estivale ». Le 12 mai, à la journée mondiale d’action, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées. Il y a aussi eu la manifestation du 21 avril. Il y a actuellement des groupes de travail actifs sur : la dette, la constituante, et le travail/la précarité. En projet à la rentrée : journée mondiale d’action le 13 octobre, et manifestation le 1er décembre contre la précarité et pour les droits des travailleurs, en lien avec des organisations de chômeurs et divers collectifs. Concernant l’état du mouvement, il faut prendre en considération qu’il s’est développé dans des conditions très peu propices en France : juste un an après l’échec du mouvement des retraites (qui a découragé le mouvement social), juste un an avant les présidentielles (qui ont aspiré les énergies et focalisé l’attention). On a en quelque sorte été pris entre le marteau et l’enclume. Par contre, la pseudo gauche étant désormais au pouvoir, elle va mettre en œuvre des plans d’austérité et décrédibiliser l’idée d’alternative institutionnelle, c’est maintenant que le mouvement des indignés va pouvoir prendre tout son sens en portant une alternative non institutionnelle. Le mouvement va reprendre à la rentrée, d’une façon ou d’une autre et c’est très important de continuer.

    R… (Clermont-Ferrand) : a commencé à s’investir depuis 1 mois dans le mouvement. Participe aussi aux Anonymous. A suivi les présidentielles et a été choqué par les « foutages de gueule ». Peu lui importent les distinctions entre indignés / démocratie réelle maintenant / Anonymous : l’important c’est le message.

    St… (Paris) : il est le fils de Ix

    Ix… (Clermont Ferrand) : a une pratique militante dans l’esprit indignés depuis 30 ans. Il faut converger avec les autres réseaux et mouvements. À Clermont, les Indignés s’installent dans la durée, ils vont créer une AMAP, un jeu éducatif autour de la dette, ils sont à la recherche d’un local, et organisent des ateliers « langue de bois ». Il y a eu récemment un rassemblement d’une vingtaine de personnes, constituant le noyau dur du mouvement à Clermont-Ferrand, et qui sont très motivées. Afin de mener leurs actions à leur terme, ils ont pris l’habitude de dialoguer avec les pouvoirs publics et les forces de l’ordre.

    H… (Venezuela/Barcelone/Paris/Toulon/Marseille) : est venue en France avec les marches espagnoles. Propose un groupe de travail pour soutenir la mobilisation du 20 juillet au Pérou.

    Ar… (Marseille – assemblée du quartier Belle de Mai, Marseille) :Avec l’objectif d’occuper la place du quartier, ils ont organisé une fête de quartier qui a été une réussite. Ce qui l’intéresse dans le mouvement, c’est le fait de se rassembler sur les thèmes de la lutte contre les plans d’austérité, les problèmes des quartiers populaires, et de se réapproprier la place publique. Les difficultés du mouvement ne tiennent pas qu’à nous, mais aussi à la force du système auquel on s’oppose – par ex., le clientélisme politique à Marseille.

    J… (Marseille – assemblée du quartier Belle de Mai) : est venu au début dans le mouvement dans un objectif d’éducation populaire qui selon lui est plus importante que la lutte avec le sentiment de se faire avoir par le système. Ce qui l’indigne, c’est la fausse démocratie. Quand on parle de tirage au sort, de démocratie directe, on se heurte à des réactions fortes. Il faut faire converger les luttes, sur des dates clefs.

    C… (Marseille – assemblée du quartier Belle de Mai) : a rejoint le mouvement en septembre-octobre, pour la préparation du campement. Indignée par la fausse démocratie, par les conditions dans lesquelles on vit, par le système financier. Elle a donné des cours de droit constitutionnel dans le groupe de travail sur la Constitution.

    Au… (Marseille – assemblée du quartier Belle de Mai) : fait partie du mouvement de lutte contre le chômage. Indigné car les politiciens ne font rien contre le chômage qui monte. Il veut aider les salariés qui luttent contre les fermetures d’usine, et propose un groupe de travail sur ce thème.

    K… (Marseille) : a milité avec le mouvement des « motivés » à Toulouse. A rejoint les indignés car il est indigné par la précarité généralisée, la fausse démocratie, les mensonges des Médias de masse… Il connaît le système judiciaire et carcéral de l’intérieur.

    An… (Marseille) : a rejoint les Indignés en octobre. S’intéresse à la finance et à l’économie, au revenu de vie. Il faut favoriser la prise de conscience.

    Al… (Marseille) : le sujet principal selon lui est l’économie. On a tout ce qu’il faut pour être heureux, le problème est la règle du jeu, c’est-à-dire la Constitution.

    Mat… (Brest) : a rejoint les indignés dès le début. A observé le mouvement dans différents lieux en Europe. Perçoit une évolution du mouvement vers la convergence des luttes. Propose, plutôt que de se diviser en groupes de travail, de traiter les sujets en plénière, les uns après les autres. Il faudrait travailler aussi à la mise en place d’une assemblée virtuelle, à un lieu de discussion et coordination entre les réunions nationales.

    JJo… (Marseille) : a lâché son boulot dans le bâtiment, et a rejoint le mouvement des indignés en novembre à Paris, à la Défense. Il a été déçu, est revenu à Marseille, a vu le mouvement aussi à Clermont-Ferrand, la cabane à Montpellier. Relève que le mouvement des Indignés attire beaucoup de gens de la rue, ce qui peut poser un problème d’image renvoyée vers l’extérieur. L’éclatement du mouvement avec les assemblées locales pose aussi un problème de visibilité, d’où la difficulté des gens à s’y retrouver. Il est prêt à payer, avec son indemnisation chômage, des prospectus nationaux sur les Indignés. Il veut créer une association de solidarité avec les SDF, lui-même ayant vécu sans domicile.

    P… (Marseille) : dénonce les dénis de justice (ex. accident de travail qui fait de vous un handicapé à vie…. et malgré que ce soit la faute de l’employeur, avec de nombreuse preuves et témoignages, le juge classe votre dossier sans suite ; conclusion : aucune indemnisation !), il faut donc dénoncer la corruption dans le milieu de la justice ; propose un groupe de travail sur ce thème dans le but de créer une commission de citoyens volontaires, composée à parité de victimes de la justice et des juristes indépendants que l’on pourrait mandater pour les conflits avec les travailleurs de la justices (magistrat, juge d’instruction, notaire, avocat, etc.). Cette commission pourrait vérifier que la justice est bien appliquée lors d’une plainte à l’encontre des professionnels de la justice, puisque à l’heure actuelle dans un tel conflit, les travailleurs de la justice se couvrent entre eux bien souvent et votre dossier se retrouve classé sans suite, ou l’on vous envoie en psychiatrie pour vous discréditer, ou bien encore, de faux témoignages sont présentés contre vous, etc. ! ex : vous dénoncez un magistrat corrompu et le juge d’instruction chargé de l’enquête camoufle les preuves et vous ne pouvez donc obtenir réparation ! En revanche, vous récoltez de gros problèmes…

    Man… (Marseille) :Aide aux devoirs bénévole depuis 5ans, administrateur de la page Facebook des Indignés de Marseille, responsable du matériel depuis Août 2011, très actif dans les différents groupes de travail, aux assemblées Nomades et à l’A.P du Cours Julien (quartier central de la ville de Marseille). Propose un groupe de travail sur : « Comment relancer et dynamiser le mouvement ? ».

    O… (Marseille – assemblée du quartier Belle de Mai) : fait partie d’un collectif de solidarité avec les Roms, propose un groupe de travail sur l’économie.

    Am… (Marseille) : chef d’entreprise depuis 2004, il conçoit des sites internet, et s’occupe du site « indigne-e-s.net », qui est un réseau social proposé aux autres assemblées. Il a participé au projet de web coordination pour le 12 mai. Il propose un groupe de travail « totem » : définir ce qui nous unit, par exemple à travers une charte. Propose de militer pour 1% d’intérêt.

    So… (Paris) : concernant le projet de charte, propose d’inclure cette idée : « Dans une vraie démocratie, tous les mandats sont impératifs et révocables, il n’y a donc pas de représentant ». Cette position a été votée par l’Assemblée de Paris le 11 novembre devant le mur de la Paix, et l’AG des Indignés de Paris l’a mandatée pour proposer à la coordination que cette idée soit soumise au consensus des différentes assemblées.

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    sophie_b
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