Gratiferia - Action d'Occupy Jura (Suisse)

  • Titre

    Gratiferia - Action d'Occupy Jura (Suisse)
  • Instance démocratique

    Commission Réseau
  • Corps

     

    MESSAGE D'OCCUPY JURA (SUISSE) AU RESEAU VIA22 (http://www.via22.org/) LE 30 DECEMBRE 2012
     
    Bonjour cher-e-s camarades de VIA22,
     
    Je me permets ce petit rapport concernant la journée d'action du 22 décembre dernier. Excusez-moi de ne pas avoir pu participer aux diverses réunions mumble. À vrai dire, personne dans notre groupe n'était disponible aux heures définies. Je n'ai malheureusement pas le temps de faire une traduction de ce courriel en anglais (ou autre langue). Si quelqu'un ici pouvait s'en charger afin de sortir de la francophonie, ce serait idéal. Merci d'avance.
     
    Naissance d'un nouveau collectif
     
    Notre groupe Occupy local est actuellement inactif pour cause de manque de motivation général et de certains désaccords "internes". Occupy a cependant apporté beaucoup de positif, notamment la possibilité de rencontrer de nouvelles personnes et se créer de nouveaux réseaux. De fait, plusieurs militants d'Occupy Jura ont décidé, malgré le lent effondrement du collectif, de continuer d'agir en organisant des actions directes, concrètes et locales.
    Les marchés gratuits (gratiferias) sont apparus comme une idée originale, radicale et facile à mettre en oeuvre. Suite à une assemblée tenue après la manifestation du 13 octobre 2012 (#globalNOISE), un nouveau collectif s'est donc formé.
    Notez que, pour des raisons pratiques, la communication internationale continuera à se faire via l'adresse occupy.jura@gmail.com.
     
    Fonctionnement du collectif Gratiferia (Jura)
     
    Notre collectif s'est fixé pour but premier la promotion de la gratuité (ou de la circulation des biens dans un cadre non-marchand). Dans un but d'ouverture maximale, nous avons choisi de ne plus militer ouvertement contre le système. En effet, tenir une gratiferia est un acte militant en soi ; les discours politisés ne sont pas nécessaires.
    Comme avec Occupy, nos assemblées ont systématiquement lieu dans des endroits publics. Elles sont annoncées à l'avance sur Facebook, sur notre blog et par e-mail. Le collectif ne comporte ni chef ni membres formels : il y a bien un noyau dur composé de quelques personnes, mais quiconque souhaite participer à l'organisation peut se joindre à nous, de manière durable ou épisodique, et participer aux prises de décision collectives.
     
    Organisation de la gratiferia du 22 décembre
     
    La première chose à faire a été de définir un lieu public où se tiendrait le marché gratuit. Nous avons choisi une place piétonne à proximité d'un supermarché, dans la petite ville de Delémont. Nous avons demandé l'autorisation à la commune par acquis de conscience. Nous avons contacté les médias locaux. Un article de journal nous a été consacré. Nous avons également contacté une organisation caritative qui a accepté de venir récupérer les objets n'ayant pas trouvé preneur à la fin de la journée.
    Quelques "membres" du collectif ont décidé d'aller récupérer des légumes invendus dans les bennes d'un supermarché de la région (en Suisse, cette pratique n'est pas illégale en soi, puisque les légumes en question sont considérés comme des déchets, mais on peut se faire inculper pour violation de propriété du supermarché... prudence, donc !). Nous avons également prévu des thermos de thé à distribuer aux passants.
     
    Bilan de la première gratiferia
     
    Le succès de notre initiative dépasse de loin nos attentes. Alors que nous n'étions qu'une poignée d'individus à organiser l'événement, des dizaines de gens ont afflué pour nous apporter des objets hétéroclites, tous en bon état : livres, jouets, meubles, vêtements, vaisselle et ustensiles de cuisine, matériel informatique, et même quelques produits comestibles. Parmi les objets un peu insolites : un livre datant de 1756, un lit neuf avec deux matelas, une imprimante jamais utilisée,...
    Certaines personnes croyaient rêver quand nous leur affirmions que tout était réellement gratuit. Le concept est déstabilisant : il brise les dogmes de la société de consommation à laquelle tant sont encore malheureusement asservis. Chacun peut se servir sans se soucier des questions financières. Des immigrés en difficulté ainsi que des sans-abri de la région ont ainsi pu s'offrir des choses qu'ils n'auraient jamais pu se permettre dans un cadre marchand. C'était donc un vrai plaisir de constater que la gratiferia répondait aussi à un besoin. Il va de soi que les personnes en difficulté financière n'étaient pas les seules au rendez-vous, loin de là ! Un large palette de population a pu profiter de ce système alternatif.
    L'idée reçue, très à la mode, selon laquelle l'homme est mauvais, avide, égoïste, etc. est également mise à mal. C'est un point très positif, car cette idée pessimiste est souvent à l'origine de la résignation de la population.
    À la fin de la journée, les restes ont été collectés par l'organisation caritative que nous avions contactée. Ils ont été embarqués dans une fourgonnette et ont pu être revendus à très bas prix à des personnes défavorisées.
     
    Projets futurs
     
    Étant donnés les retours très positifs, d'autres gratiferias auront lieu dans les mois à venir. C'est un concept qui n'avait encore jamais été mis en oeuvre en Suisse. J'ai personnellement reçu des échos enthousiastes en provenance d'autres villes et régions du pays, où nous essaierons d'exporter cette idée.
    En outre, les marchés gratuits séduisent beaucoup les adeptes de la "décroissance", pour plusieurs raison. D'abord parce qu'ils permettent la réutilisation des biens matériels. Ensuite, parce qu'ils initient un autres rapport à la consommation en général, tout en créant de nouveaux liens entre les gens. Plusieurs personnes actives dans notre collectif pensent que les sujets liés à la décroissance devraient être plus débattus qu'ils ne le sont actuellement, et surtout de manière plus visible. Des appels internationaux devraient être lancés. Plusieurs idées circulent, mais sont actuellement au stade embryonnaire.
     
    Voilà, le principal a été dit. Je reste à votre disposition pour tout type de question et vous souhaite à toutes et tous d'excellentes (r)évolutions en 2013 !
     
    Joachim
  • Auteur

    sophie_b
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