Les indignés parisiens campent à La Défense

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    Les indignés parisiens campent à La Défense
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    Depuis plus d’un mois, les
    indignés parisiens campent à
    La Défense
    , un lieu hautement
    symbolique de la
    finance, mais aussi de l’impossibilité
    d’y faire entendre son
    mécontentement.
    Pour l’installation du campement,
    le 4 novembre, à grand
    renfort d’affiches, « de films »
    et d’évènements Facebook,
    les irréductibles utopistes ont
    subi de violents assauts de la
    police depuis le premier soir.
    La presse était au rendez-vous,
    contemplant (pour certains aux
    côtés des gradés des forces de
    l’ordre) la répression violente
    de ce mouvement pacifique et
    le saccage des droits humains.
    Malgré la pluie qui prit le relais,
    le campement a tenu, mais
    sans tente, sans couverture de
    survie, ni possibilité de s’abriter
    à proximité.
    Les jours suivants, le harcèlement
    continua presque chaque
    soir, allant jusqu’à piétiner la
    nourriture, confisquer les médicaments
    et les livres.
    La journée, les curieux et les
    travailleurs du coin pouvaient
    contempler la reconstruction
    inlassable du village. Les médias
    de passage pouvaient enfin
    titrer fièrement « les indignés
    existent aussi en France ». Ils
    interviewèrent ces marginaux
    ayant choisi de se détourner de
    la démocratie représentative.
    Et ils posaient toujours la même
    question, comme un disque
    rayé : « pourquoi y a-t-il si peu
    d’indignés en France » ?
    Le premier réflexe des militants
    est de dire que le harcèlement
    permanent des forces de l’ordre
    les empêche de réfléchir à une
    réponse constructive. Et pour
    proposer un avenir différent
    que celui qui nous est imposé…
    il faudra attendre de reconstituer
    la bibliothèque artisanale
    détruite.
    On pourrait aussi avancer
    l’idée que les indignés français
    ont mal traduit le message de
    Stéphane Hessel, qu’ils refuseraient
    le bricolage associatif
    censé acheter la paix sociale,
    que les partis politiques font
    encore rêver les gens ou que
    le message « une démocratie
    réelle maintenant ! » est trop
    difficile à relayer.
    D’ailleurs, notre système est
    « le moins pire », pourquoi en
    changer ?
    Ceux qui gagnent de l’argent
    n’ont pas le temps de le dépenser
    (ou bien pour verser une
    pension à leurs enfants… On ne
    peut désormais plus associer
    carrière et vie de famille).
    Ceux qui attendent la retraite
    ne voient plus le bout du
    tunnel.
    Les étudiants s’engouffrent
    dans des voies bouchées.
    Les chanceux fonctionnaires se
    suicident.
    Ceux qui martyrisent les plus
    démunis ne s’amusent plus et
    commencent à s’en indigner.
    Ceux qui gouvernent sont esclaves
    des marchés financiers…
    Pourquoi demander aux
    personnes qui ont décidé de
    tourner le dos à ce « système »
    les raisons de leur isolement ?
    Ne devrait-on pas plutôt demander
    aux autres pourquoi ils
    ne s’indignent pas ?

  • Auteur

    cecila
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