Tout nantis nucléaires

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    Tout nantis nucléaires
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    Tout nantis nucléaires que nous soyons,
    le nucléaire, c’est à n’y rien comprendre,
    jamais nous n’en sortirons. (sur l’air du tra la la la)
    Ça fait dix ans que je rencontre des antinucléaires
    après avoir travaillé dix ans dans les centrales nucléaires.
    Me voilà rendu dans la horde des radoteurs, eh oui,
    rien de nouveau sous le soleil vert, le nucléaire tue,
    c’est pour ça qu’il a été conçu, c’est bien connu.
    La catastrophe, ça fait cinquante ans qu’on est dedans,
    chaque accident est de mieux en mieux géré pour nous la
    faire oublier,
    la catastrophe du nucléaire qui tue, qui pue,
    qui prend sa planète pour une trompette.
    C’est aujourd’hui
    que des milliers d’individus sont livrés au cauchemar de
    Tchernobyl :
    qui n’a vu les photos de ces enfants qui emplissent les hôpitaux
    ?
    80% des enfants venus au monde
    depuis « l’excursion » nucléaire de Tchernobyl
    sont monstrueusement atteints,
    ils ne sortent de l’hôpital que pour aller s’entasser dans les
    asiles,
    cauchemar assuré pour encore quinze générations
    sur un bien plus large territoire que « la zone interdite ».
    Et puis voilà qu’à Fukushima, des traces de strontium
    dans les dents des enfants
    donnent la mesure d’une pire hécatombe encore aujourd’hui.
    20 millions de milliards de becquerels à la mer
    viennent rejoindre des tonnes de déchets nucléaires civils
    et militaires
    dans le Pacifi que, l’océan, le seul qu’on ait sur la seule planète
    qu’on habite.
    Applaudissons au passage le parfait accomplissement par
    l’A.I.E.A.
    de sa mission de promouvoir le nucléaire pacifi que,
    en rendant au pacifi que ce qui est au pacifi que.
    L’A.I.E.A., agence internationale à l’énergie atomique, prix
    Nobel de la paix,
    le pacifl ic muselant l’O.M.S.,
    tout comme en France l’industrie supplante la santé.
    Plus près de nous, ici, bien à l’abri de nos frontières,
    à l’ombre de notre parc nucléaire,
    la prolifération de cancers n’est pas attribuée à
    la prolifération de radionucléides batifolant
    dans notre environnement durable mais pas moins mortifère.
    Tout aussi criminels, les consanguins
    qui construisent une école maternelle sur
    un puits de déchets radioactifs à Nogent-sur-Marne,
    qui expédient les produits contaminés de Fukushima
    sous forme d’aide au tiers monde,
    qui photographient des enfants jouant au ballon à Tchernobyl.
    Ces mêmes pourris qui nous assurent que
    quand on aime la vie, on aime le nucléaire ;
    regardez à la télé, la nature a repris ses droits à Tchernobyl,
    on renvoie les enfants à l’école à Fukushima
    sous les caméras des médias,
    nos chères petites têtes blondes sont bien à l’abri
    sous les bancs de l’école en cas de passage d’un improbable
    nuage,
    ceci n’est qu’une simulation,
    un exercice grandeur nature, ah Lanature.
    Lanature est un laboratoire,
    une zone,
    un camp de travail, de rétention, de détention,
    gardé par nos terrorisants puissants administrateurs du
    désastre.
    Ces états, ces industriels se fardent de verdeur
    dans l’écologie mortifère qu’ils génèrent :
    nous les aurons nos énergies alternatives,
    elles nous adouciront la survie au fond du mouroir.
    Lanature et ceux qui s’en parent et s’en emparent.
    Moi je fuis les verts, (oh non, pas…) au fond du café, j’ai bien
    trop à faire
    pour pouvoir crever
    en comptant mes becquerels, triant mes déchets, inspectant
    les étiquettes, mesurant ma chaîne alimentaire,
    respectant les recommandations des experts, contre-experts,
    dénonçant Lefacteurhumain, préservant les décombres.
    « I will evacuate to the grave, I am sorry. »
    a écrit avant de se pendre une femme de 93 ans à Fukushima.
    Ni nihiliste ni suicidaire,
    le nucléaire, on en croque, on en bouffe, on en crève,
    pas d’en dehors possible,
    société nucléaire, mortifère, militaire, policière, scientifl icarde,
    c’est avec ce monde-là que j’ai rompu un contrat
    en arrêtant de travailler pour l’industrie nucléaire.
    Je n’en suis pas sorti pour autant, je suis bien placé pour le savoir,
    et pour autant, qui plus est,
    je ne rejoins pas les rangs des collaborateurs citoyens
    de la démocratie de la sortie de sa mère la pute nucléaire
    en scénarios multiwatts et avariés.
    On se croirait à un dépôt de demandes de subventions
    au Centre National du Cinéma.
    En finir avec ce texte,
    en finir avec le monde qui va avec
    (à suivre)           Alain Posteur
     

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    cecila
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