Pour l’indifférence générale

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    Pour l’indifférence générale
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    Pour l’indifférence générale,
    pour les yeux qui préfèrent
    se fermer
    et attendre que ça pète,
    pour les endormis,
    muets et esclaves,
    heureux je ne sais pas,
    mais sans emprise aucune
    sur leur pauvre sort.
    Il vous faut quoi,
    dites-moi,
    frères et soeurs de sang,
    de chair et d’esprit,
    pour que dans votre coeur,
    votre pensée et votre amour
    de la vie, le déclic se fasse
    entendre... ?
    «Vous ne changerez rien !»
    Très bien, dormez.
    Moi ce ronflement
    m’attriste tant...
    Il me fout des frissons
    et me remplit
    d’incompréhension.
    Tous ces egos,
    qui se détournent
    les uns des autres,
    attendant que le jour
    ne se lève plus et laissant, sans
    broncher, le miracle de la Vie
    se faire happer et disparaître.
    Que vous faut-il de plus
    qu’un regard sur le monde,
    un recul de quelques secondes,
    seulement,
    seulement... ?
    Qu’est-ce qui fait que j’y crois
    encore,
    je me le demande,
    entourée de tant d’âmes
    qui dédaignent leur Liberté,
    la peur au ventre peut-être, et
    l’insouciance, sûrement.
    Sans doute une, puis deux,
    puis dix, puis cent personnes
    qui en me regardant seulement
    quelques secondes, sans parler,
    m’ont traduit avec leur iris ce
    message :
    «ce monde ne nous appartient
    pas,
    soit on décide d’y vivre
    ensemble, soit on le détruit en
    faisant chambre à part.
    Soit on attrape la Liberté par
    le bras et on l’accepte sans
    trouille aucune,
    soit on se range aux côtés de
    l’oppresseur,
    pour se taire à jamais.»
    Peuple de France, Peuple
    d’Europe, Peuple du Monde,
    Peuple tout court, Hommes,
    Femmes,
    ne faut-il pas arrêter
    de maudire nos différences,
    et aimer notre diversité ?
    Ne faut-il pas,
    une bonne fois pour toutes,
    faire de notre nombril
    le nombril de tous ?
    Ne faut-il pas cesser de
    piétiner notre richesse
    humaine, d’emprisonner
    l’étrange, l’intrus,
    après tant de siècles passés à
    prouver
    que tout cela ne mène
    qu’à la destruction de
    chacun ?
    Je ne sais même plus
    quels mots employer
    pour ramener à la vie
    tous ces morts
    pourtant vivants
    que je côtoie chaque jour...
    mais leurs yeux éteints,
    leur marche robotique
    et leur résignation
    à céder et à abdiquer
    ne sont pas aussi forts
    que cette énergie
    sans pareil qui m’habite
    et me gueule chaque matin :
    TU DOIS VIVRE.
    Mais je ne veux pas
    que la seule Vie
    qui me soit offerte
    soit complice
    d’un tel mensonge,
    et d’une telle déroute
    de ce qu’elle a à apporter.
    Alors pour vivre,
    je me suis décidée :
    je vais lutter.
    Lutter pour la Vie.
    EF

  • Auteur

    cecila
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